
ANGEREUX,
les téléphones mobiles ? Les espoirs de ceux qui l'affirment comme de
ceux qui le nient devraient être déçus par la publication, dans les
prochaines semaines, des résultats de l'étude épidémiologique
Interphone.
Lancée en 2000, elle a été conduite dans treize
pays sous la direction du Centre international de recherche sur le
cancer (CIRC) pour déterminer la part des ondes électromagnétiques
(OEM) émises par les téléphones portables dans l'apparition de tumeurs
cérébrales. Mais au vu des résultats partiels déjà parus, les experts
ne semblent pas être en mesure de trancher, ce qui explique les délais
successifs à la publication du rapport final, prévue une première fois
en... 2003.
Les entreprises du secteur devront donc encore
attendre pour savoir quelle attitude adopter face à ce qui pourrait
s'avérer être tout aussi bien un sinistre sanitaire comparable à celui
de l'amiante qu'une fausse alerte, où l'essentiel aura alors été de
communiquer avec suffisamment de doigté, mais aussi de transparence,
pour ne pas effrayer le consommateur et l'investisseur.
Obéissant
au principe de précaution, la réglementation européenne a certes déjà
limité le débit d'absorption spécifique (DAS, en watt par kilo - W/kg)
autorisé à 2 W/kg - plus le DAS est faible, moins la puissance émise
est importante et plus le risque potentiel pour la santé est faible.
La
seule étude comparative disponible, sur le site Internet guerir.fr,
indique que le DAS moyen des gammes de produits varie de 0,70 à 0,94
selon les constructeurs, d'après leurs documents techniques. Mais,
observe Arnaud Hermann, consultant au département développement durable
d'Ernst & Young, « aucun constructeur ne publie de lui-même un
classement de ses produits selon le DAS - ni aucun opérateur une
cartographie des émissions de ses antennes relais ».
Certes, des
constructeurs comme Nokia ou Motorola, et des opérateurs comme Bouygues
et SFR, ont conçu des sites ou des brochures dédiés aux OEM ou aux DAS
de leurs produits, mais sur des supports distincts des informations
commerciales.
Deux constructeurs seulement publient les «
recommandations d'usage » (concernant les enfants, par exemple)
pourtant prônées par les autorités sanitaires. La plupart des
opérateurs disent réaliser des mesures d'EOM autour de leurs antennes
relais... mais uniquement à destination des parties prenantes
(associations, collectivités locales) qui en font la demande.
Antoine Reverchon