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STRATEGIE D'ENTREPRISE

Opérateurs et constructeurs préfèrent rester discrets
Article paru dans l'édition du 23.09.08

« Le Monde Economie » publie le 15e volet des indicateurs Eurosif/Le Monde, en partenariat avec « La Stampa » (Turin), « El Pais » (Madrid), Die Zeit Online (Hambourg) et « Le Temps » (Genève)


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ANGEREUX, les téléphones mobiles ? Les espoirs de ceux qui l'affirment comme de ceux qui le nient devraient être déçus par la publication, dans les prochaines semaines, des résultats de l'étude épidémiologique Interphone.

Lancée en 2000, elle a été conduite dans treize pays sous la direction du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) pour déterminer la part des ondes électromagnétiques (OEM) émises par les téléphones portables dans l'apparition de tumeurs cérébrales. Mais au vu des résultats partiels déjà parus, les experts ne semblent pas être en mesure de trancher, ce qui explique les délais successifs à la publication du rapport final, prévue une première fois en... 2003.

Les entreprises du secteur devront donc encore attendre pour savoir quelle attitude adopter face à ce qui pourrait s'avérer être tout aussi bien un sinistre sanitaire comparable à celui de l'amiante qu'une fausse alerte, où l'essentiel aura alors été de communiquer avec suffisamment de doigté, mais aussi de transparence, pour ne pas effrayer le consommateur et l'investisseur.

Obéissant au principe de précaution, la réglementation européenne a certes déjà limité le débit d'absorption spécifique (DAS, en watt par kilo - W/kg) autorisé à 2 W/kg - plus le DAS est faible, moins la puissance émise est importante et plus le risque potentiel pour la santé est faible.

La seule étude comparative disponible, sur le site Internet guerir.fr, indique que le DAS moyen des gammes de produits varie de 0,70 à 0,94 selon les constructeurs, d'après leurs documents techniques. Mais, observe Arnaud Hermann, consultant au département développement durable d'Ernst & Young, « aucun constructeur ne publie de lui-même un classement de ses produits selon le DAS - ni aucun opérateur une cartographie des émissions de ses antennes relais ».

Certes, des constructeurs comme Nokia ou Motorola, et des opérateurs comme Bouygues et SFR, ont conçu des sites ou des brochures dédiés aux OEM ou aux DAS de leurs produits, mais sur des supports distincts des informations commerciales.

Deux constructeurs seulement publient les « recommandations d'usage » (concernant les enfants, par exemple) pourtant prônées par les autorités sanitaires. La plupart des opérateurs disent réaliser des mesures d'EOM autour de leurs antennes relais... mais uniquement à destination des parties prenantes (associations, collectivités locales) qui en font la demande.

Antoine Reverchon
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